Le site de Sud-Rail Cerbère
"Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît." Michel Audiard |
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Beau billet que celui du Coucou qui nous explique drôlement comment Guillaume Pépy prépare la SNCF à la concurrence européenne.... Allez voir ! Il se trouve que suite à mon billet d'hier, le taulier de PMA est venu sur mon blog faire un rectificatif
(justifié) : ce n'est pas Lionel Jospin qui a décidé de la
privatisation d'EDF et de GDF. Peut-être répondis-je, mais c'est bien
Lionel Jospin qui a accepté la mise en concurrence sur le marché
européen de ces 2 sociétés ! Ce qui revient au même ... Je rappelais que la méthode de privatisation des sociétés en France était tout le temps la même : 1°)Il faut la libre concurrence, donc on amène les concurrents. 2°) On dit : il ne faut plus de subvention. 3°) problème : comment faire face à la concurrence sans subvention ? 4°) Il faut faire un appel public à l'épargne. 5°) Donc, on privatise. Si
je parle de cela, c'est qu'à un moment, avec Nicolas J, nous avons
évoqué le cas de la SNCF. La mise en concurrence du transport
ferroviaire devrait aboutir à la privatisation de la SNCF. Cela sera plus dur certes, du fait de la syndicalisation forte de cette Société. Mais c'est le but, soyons en sûr. Alors le Pouvoir est prêt à employer tous les moyens pour y arriver : démembrement (cela a déjà eté fait avec le fret non ?), séparation de la SNCF d'avec réseau ferré de France ... La question n'est plus de savoir si la SNCF va être privatisée, mais quand ?
C'est bizarre ! Le 19 mais je parlais de la mise en concurrence de la SNCF sur le territoire français. Depuis, il y a eu le 20 mai et la paralysie du réseau SNCF suite à un accident causé par un train d'ECR (filiale de la Cie allemande Deutsche Banh). Un article de l'humanité, revient sur l'incident. Ainsi on apprend le train ECR a été impliqué quelques instants auparavant dans un premier incident,
sans que cela n’aboutisse à ce qu’il soit stoppé. Ainsi, le communiqué
de la CGT du secteur de Bordeaux fait état « d’un premier heurt »
survenu avec un autre train de marchandises. De moindre gravité, ce
choc n’a pas contraint les deux convois à s’arrêter. Néanmoins, lors du
changement de mécanicien en gare d’Angoulême, le nouveau conducteur du
train SNCF, constatant les dégâts, a refusé de repartir. En tous les cas, les syndicats dénoncent ces conséquences de la libéralisation du réseau
et disent-ils "la recherche du profit conduit les entreprises à
économiser sur les organisations du travail, les conditions sociales,
les procédures réglementaires et les formations" (sud-rail). Ce que conteste le secrétaire d'Etat au transport. Il n'y a pas de lien entre l'accident et la mise en concurrence du réseau ferré. Une
chose est certaine : quand Margaret Thatcher a privatisé le réseau
ferré, les lignes n'ont plus été entretenues, et les accidents se sont
à un moment multipliés. Mais bon, s'il faut une mise en concurrence ... jen-airienadireetalors.20minutes-blogs.fr/
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| La lecture du recours honteux déposé par le CE Clientèles auprès du Ministre du travail par le CE Clientèles est sidérant à plus d’un titre.
Pour obtenir, coûte que coûte, le licenciement de Pierre, ses employeurs CGT sont prêts à tout :
1/ Attaques systématiques contre l’inspection du travail :
Tout au long du mémoire déposé par l’avocat lillois de FIDAL, le CE Clientèles dirigé par des « syndicalistes » met en cause le fonctionnement et les choix de l’inspection du travail, l’accusant de tous les maux, toutes les erreurs, tous les dysfonctionnements… C’est bien évidemment scandaleux lorsque l’on connaît l’importance de cette corporation, souvent le dernier rempart pour les salariés confrontés à des patrons voyous.
La CGT, sait toutefois faire appel à l’inspection du travail, lorsqu’il s’agit de défendre un cheminot menacé de licenciement . Lorsqu’il s’agit de salariés des CE SNCF, son approche est bien différente, que ce soit pour Vivi au CER de Lyon ou pour Pierre au CE Clientèles…
2/ Réécriture de faits avérés concernant pierre au sein du CE Clientèles :
Les
employeurs CGT dans leur mémoire n’hésitent pas à modifier la
chronologie des événements touchant Pierre pour tenter de se disculper.
Il en est ainsi pour le piège tendu à Pierre en 2008 pour « construire » un motif à la procédure pour le licencier.
Ils oublient ainsi de parler des élections DP d’octobre 2006, annulées par la justice ,
des obligations multiples ou des promesses de l’employeur
systématiquement non tenues depuis près de trois ans vis-à-vis des DP
Ils « oublient » aussi de préciser les conditions dans lesquelles Pierre a été réélu le 12 février 2009, le refus d’afficher le résultat des élections dans l’espoir que Pierre soit licencié avant, etc…
Ils oublient surtout de mentionner la situation de Pierre depuis le 4 mars 2009 allant même jusqu’à lui reprocher d’être l’instigateur de la publication des articles de 8 et 15 mars 2009 dans le blog Milleuros… pour demander au Ministre son licenciement ! Vraiment de quoi donner la gerbe à n’importe quel syndicaliste normalement constitué…
Par contre, ils n’hésitent pas à produire des documents apocryphes, pour essayer d’arriver à leurs fins et, au passage faire porter le chapeau à l’inspection du travail.
3/ Utilisation et instrumentalisation des salariés du CE :
Pour
tenter de donner une image fausse et détestable de Pierre, les
employeurs CGT produisent des témoignages de trois de ses collègues.
Témoignages ou plutôt, véritables délations sur commande, qui rappellent par la forme, le ton, l’enquête exhaustive réalisée à la demande des employeurs CGT pour tenter de se disculper lors de l’agression subie par Pierre le 30 octobre 2008 !
La comparaison entre témoignages et enquête exhaustive est de mise puisque les trois auteurs de ces témoignages sont aussi impliqués dans cette enquête exhaustive qui désole, à tout jamais, les militants syndicaux sincères de tous poils…
Il
faudra éclaircir, les raisons qui ont pu amener des salariés et des
syndicalistes à se comporter de la sorte : menaces ? Promesses
d’avancement ? D’augmentations salariales ? Promesse d’un avantage
personnel ? A suivre…
Le moment venu (après l’audition au ministère du travail) nous publierons les documents qui confirment ce que nous avançons.
Un sourire amer !
Pour
terminer sur un sourire (ça devrait faire du bien par les temps qui
courent) nous vous communiquons un argument de la direction CGT du CE
Clientèles pour justifier de la demande de licenciement de Pierre :
« Cet acharnement (de Pierre contre la Direction du CE !) a
pris la forme d’une multiplication des questions posées en sa qualité
de délégué du personnel, en prévision des réunions mensuelles de cette
instance, de toute évidence formulées dans la seule finalité de placer
la Direction dans l’impossibilité d’y répondre de manière exhaustive ».
C’est l’aveu implicite que la demande de licenciement de Pierre est directement liée à son mandat de DP.
Pour ce qui est du fait que la CGT reproche à un élu DP CGT de faire son boulot de Délégué en essayant de faire respecter les droits de ses collègues, voilà qui est nouveau. Seraient-ce les nouvelles orientations de la CGT ?
A voir au prochain congrès confédéral…
milleuros.canalblog.com/
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Les pontes du BTP condamnés à rembourser près de
130 millions d’euros à la SNCF. Telle est la décision rendue le 27 mars
dernier sur une entente illicite qui n’a pourtant pas fait grand bruit.
Sacrée tuile ! Les entreprises de BTP
qui s’étaient entendues pour se partager les chantiers de plusieurs
lignes TGV dans les années 90 se sont fait sonner les cloches par la
justice. Elles vont devoir rembourser fissa jusqu’à 128,5 millions
d’euros à la SNCF. Laquelle, ironie de l’histoire, s’apprête à vivre un drame cornélien.
Le BTP au banc des condamnés
C’est sans doute la déculottée judiciaire que le milieu
du BTP aimerait tenir secrète le plus longtemps possible tellement elle
est cuisante. Dans l’entourage de Martin Bouygues, on parle même d’« humiliation ». Malgré tout, Bakchich ne peut résister à la tentation de faire connaître cette défaite datée du 27 mars dernier.
Ce jour-là, le tribunal administratif de Paris a rendu
34 jugements. Chacun concerne un morceau de lignes TGV où une flopée
d’entreprises de construction ont été convaincues d’avoir truandé la
SNCF (à l’époque chargée de faire construire ces lignes) par des
ententes illicites. L’affaire remonte à plus d’une décennie. Il s’agit
de la ligne Paris-Lille-Calais (TGV Nord), du contournement de Lyon et
de la ligne d’interconnexion en Ile-de-France, toutes construites au
début des années 90.
Timide SNCF
Toutes concurrentes qu’elles soient, les boîtes de
travaux publics se sont partagées le gâteau en douce et bien en amont
des appels d’offre. Avantage, chacun a été servi. Et à très bon prix
car les offres remises étaient évidemment arrangées à la hausse. Gain
estimé par rapport à une concurrence réelle : environ 10%. L’os c’est
qu’une boîte italienne a dénoncé la magouille. Si bien qu’en 1995, le
Conseil de la concurrence condamne les tricheurs à une amende de 388
millions de francs, ( un petit 60 millions d’euros). Un montant record
à l’époque.
Mais c’est seulement le ramdam engendré par un article de l’Express
deux ans plus tard qui pousse la SNCF à chercher à récupérer l’argent
qu’elle s’est fait ainsi piquer. Rester passif aurait l’air louche
vis-à-vis de l’opinion. Dire que l’entreprise publique a saisi les
tribunaux administratifs – compétents pour les contrats de travaux
publics - à reculons n’est pas une exagération de Marseillais. Pour tout dire, elle et sa tutelle, le ministère des transports, pas très clairs sur le sujet craignent un grand déballage.
Une entente ne vaut que si elle est partagée par tous
En effet, certains de ses hauts dirigeants, comme le
patron du TGV Nord Jean-Pierre Pronost, ou l’homme qui contrôle
l’entreprise au ministère des transports, Claude Gressier, lui-même
ex-dirigeant de la SNCF, ont joué un rôle plus qu’ambigu vis-à-vis des
ententes. D’ailleurs la Cour des comptes
est venue mettre son nez dans l’histoire. Elle estime que les deux
responsables se sont même accordés pour remonter de 650 millions de
francs le devis du TGV Nord afin de couvrir le surcoût des ententes
qu’elle chiffre à 750 millions !
Il y a aussi la région Ile de France…
La SNCF n’était pas la seule
sur la liste des candidats en attente de remboursement des millions
d’euros arnaqués par le BTP. L’année passée, la Région Ile de France a
aussi engagé une procédure en justice. Elle réclame 76 millions d’euros
aux boîtes de construction qui l’ont arnaqué dans les années 1990 dans
l’extravagante affaire de rénovation des marchés des lycées de la
région. Déclencheur de la plainte, la condamnation pour ententes
illicites en 2007 par le Conseil de la concurrence de douze entreprises
de BTP titulaires de 88 marchés publics. Montant de l’amende : 47,3
millions d’euros d’amende… dont la moitié pour le groupe Bouygues. Un
magnifique cas d’école que cette affaire remontant à l’époque ou le
chiraquien Michel Giraud présidait le conseil régional. Le trucage des
marchés s’est en effet accompagné d’une opération de financement
politique occulte : une partie des sommes extorquées filait dans les
caisses du RPR, du PR (Parti républicain) et du PS, un élu vert ayant
également touché des enveloppes. En 2005, 47 personnes se sont
retrouvées devant le tribunal correctionnel de Paris pour cette
carambouille, dont une bonne partie est condamnée. Parmi eux, Michel
Giraud, Michel Roussin, Louise-Yvonne Casetta ou Jean-Pierre Thomas,
ancien trésorier du PR recasé depuis à la banque d’affaires Lazard etc.
Reste à savoir si la voie choisie civile par Jean-Yves Dupeu, l’avocat
du conseil régional est la bonne : le tribunal de grande instance et
non pas le tribunal administratif comme les avocats de la SNCF.
Et puis, au même moment, une enquête judiciaire remue
la boue des anciens chantiers. Elle a abouti à ce qu’en 2002 une petite
douzaine de cheminots de terrain se fasse condamner pour corruption.
Les coquins avaient accepté des pots-de-vin – voitures, enveloppes de
liquide, etc – d’intermédiaires du BTP, en échange de quoi ils
faisaient monter la facture en inscrivant plus de camions de béton ou
de matériaux réellement utilisés. Bref, un système de pillage à tous
les étages… D’ailleurs l’ex-juge Halphen
qui a instruit cette affaire était alors convaincu que les marchés des
lignes TGV servaient à alimenter un circuit de financement occulte de
partis politiques. Il lui manquait juste les preuves…
Mais après de multiples recours intentés par les as du
BTP, la justice est venue sonner les cloches aux as de la truelle
quelques temps avant Pâques. Visiblement en forme, les juges n’ont pas
été sensibles aux malheurs actuels d’un secteur affaibli par la crise.
Ainsi pour le lot 21 du TGV Rhône-Alpes (contournement de Lyon pour
rejoindre Valence avec force tunnel), les magistrats sont allés bien
au-delà des molles recommandations des experts désignés par eux. Ces
derniers ne chiffraient le bénéfice de la triche qu’à environ 2
millions d’euros. Les juges ont multiplié le chiffre par 10 : sur ce
marché, les boîtes visées devront rendre 21 millions d’euros !
Lorsqu’on additionne le montant des 34 jugements
prononcés par le tribunal administratif de Paris, on atteint un montant
de 90 millions d’euros que les entreprises concernées sont condamnées à
rembourser à la SNCF. Mais ce n’est pas tout. À cette jolie somme
s’ajoutent les intérêts de retard qui courent depuis 1997 ! Selon le
mode de calcul qui sera choisi, il y en a pour environ 33 à 38 millions
supplémentaires. Facture totale : « entre 123 et 128,5 millions et demi d’euros »
indique une bonne connaisseuse du dossier. Bref les entreprises de
travaux publics avaient cru bon jouer la montre en espérant qu’à force
de procédures, la SNCF et son cabinet d’avocats Berlioz & Co –
Michel Durupty étant chargé du dossier -, se décourageraient et qu’on
n’arriverait jamais à un jugement au fond. Pari raté. Elles se prennent
aujourd’hui le boomerang en plein dans les dents.
Ceux qui m’aiment prendront le train
Là où l’affaire s’avère vraiment douloureuse pour les
grugeurs, c’est qu’il leur faudra payer d’ici fin mai. Et pas moyen d’y
échapper en principe. Car dans le droit administratif, les appels ne
sont pas suspensifs. Et certains de prédire déjà une belle ambiance au
sein de la confrérie du BTP et dans les rangs de la FNTP,
la fédération du secteur. Car les entreprises étant condamnées
solidairement, à elles de se débrouiller à l’intérieur de chaque
groupement pour se répartir le paiement des montants. Bref on imagine
le sauve-qui-peut pour se refiler le bébé.
Se comptant par dizaines, les boîtes frappées - elles -
ont pu changer de nom ou d’actionnaires depuis le temps – offrent une
belle photographie du secteur. On trouve les trois majors directement
ou via leurs filiales avec Bouygues, Vinci (Dumez, Campenon Bernard …) et Eiffage
(Fougerolles, SAE… ) – ces deux derniers ne portaient pas encore leur
nom actuel - mais aussi des indépendants comme Bec Frères ou Razel,
Demathieu et Bard etc. Certaines vont-elles se mettre en faillite pour
renaître sous une autre forme afin d’échapper au remboursement ? Ou
bien expliquer au tribunal qu’elles n’y échapperont pas si elles
doivent sortir l’argent, seule exception pour obtenir un sursis à
exécution. Jouable mais difficile à concevoir pour les majors côtés en
bourse. Martin Bouygues, va-t-il aller tirer la sonnette d’alarme chez son ami Nicolas Sarkozy, comme certains le subodorent ?
Le plus drôle est que cette splendide victoire
juridique a même pris de court la SNCF traversée par des courants
contraires. Depuis l’origine, une partie de l’équipe dirigeante plaide
en faveur d’un règlement à l’amiable du différend. Anne-Marie Idrac qui a succédé brièvement à la présidence à Louis Gallois,
l’auteur de la plainte, n’était visiblement pas contre mais celle qui
est aujourd’hui au gouvernement a fait long feu à la SNCF. Depuis l’arrivée de Guillaume Pépy
aux commandes en février 2008, certains groupes de BTP ont tenté une
nouvelle approche pour faire ami-ami. Ils ont dû juger le contexte
propice. Il faut dire qu’un certain Claude Gressier – celui qui avait
couvert les ententes - a fait son retour au conseil d’administration de
la SNCF. Et en provenance direct de l’état major de Vinci où il
s’occupait des concessions, David Azéma grand ami de Pépy est devenu
directeur général délégué chargé des finances et de la stratégie du
groupe public.
Pépy de chocolat
Aujourd’hui on souhaite bien du plaisir à Pépy. Nommé
par Sarkozy dont il a obtenu une feuille de route, c’est lui qui va
devoir s’assurer que les grands groupes, dont Bouygues, dirigé par un
ami de Nicolas, signent bien le chèque. Gare aux court circuits dans
les caténaires…
Maintenant, il ne reste plus qu’aux usagers à réclamer
une baisse des tarifs des billets TGV d’environ 130 millions d’euros.
Car après tout c’est à cause du coût et des surcoûts de la construction
des lignes à grande vitesse dont RFF, gestionnaire du réseau, a récupéré la dette que les tarifs du TGV sont aussi chers. www.bakchich.info/La-SNCF-empoche-130-millions
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C'est
une question centrale, affleurant largement dans le débat sur la
séquestration des patrons ou sur les manifestations de Strasbourg et de
Bastia. C'est surtout une question qui va devenir de plus en plus
essentielle, tant l'autisme du gouvernement et l'exaspération
croissante ne laissent guère entrevoir d'autre issue. Alors : bientôt
un, deux, trois, cent émeutes ?
 Vous sentez ? Non ? Mmmhhh… Vous ne voyez rien monter ? Non plus ? Mmmhhh… Vous êtes bouchés à l'émeri ? Pas à votre connaissance ? Mmmhhh…
Ok, reprenons rapidement. Des salariés qui décident de faire
prisonnier - un temps seulement, mais prisonnier quand même - leurs
patrons, à tel point que Sarkozy s'est cru obligé d'y aller de son
avertissement : « Qu'est ce que c'est que cette histoire d'aller
séquestrer les gens ? On est dans un Etat de droit, je ne laisserai pas
faire les choses comme ça », a tonné l'incontinent, doublé sur sa droite par un Jean-François Copé qui s'est dit « scandalisé » par le séquestration des patrons. Des étudiants qui investissent leur université, à Rennes, Strasbourg et Orléans, ou s'invitent au Crous, à Paris. Des barres de fer et des cocktails molotov qui ressortent de sous les manteaux, en Alsace ou en Corse. Des
forces de l'ordre qui pètent les plombs, usent de moyens
disproportionnés et illégaux, laissent libre court à leur goût de la
violence et se comportent en moins que rien, à Bordeaux, Strasbourg ou Bastia. Un
présidentiel meneur de revue qui a perdu tout contact avec ce peuple
qui est censé l'avoir choisi comme représentant, seulement capable de
pavoiser dans des sommets internationaux mais pas foutu de se déplacer
en son royaume autrement que derrière une armée de policiers et de
gendarmes, à tel point que même le très modéré journaliste Jean Quatremer constate qu'il y a un problème : «
La République tchèque vient, à distance, de donner une bonne leçon de
démocratie à la France. Alors que Barack Obama s'est déplacé durant
deux jours dans une ville fantôme quadrillée par 10 000 policiers et
vidée de ses habitants, il a pu se faire sans problème acclamer par 30
000 personnes à Prague, ce matin (…). Les Tchèques ont fait la
tranquille démonstration que l'on peut assurer la sécurité d'un
président américain sans décréter l'état de siège, comme les autorités
françaises l'ont fait à Strasbourg pendant le sommet de l'OTAN. » Des
jeunes pour cibles de toutes les politiques étatiques, eux qui sont
promis au chômage une fois sur le marché du travail et sont victimes
d'un véritable harcellement législatif - qu'il s'agisse de les empêcher
de picoler ou de télécharger - , certitude que la fracture
générationnelle est désormais telle qu'elle ne pourra se régler
autrement que dans la rue. Et un président qui fait l'autiste,
seulement capable face au chômage et à l'augmentation de la misère de
dire son refus de toucher au paquet fiscal - « Je n'ai pas été élu
pour augmenter les impôts, moi (…) moi, j'ai été élu pour réconcilier
la France avec l'entreprise et avec l'usine » - et de prôner de nouvelles déductions pour les imposés à l'ISF, au prétexte que « ça va bien au-delà de la gauche, de la droite, c'est du bon sens ».
Je sais, je sais : vous connaissez cela aussi bien que moi. Et
il n'y avait nul besoin de ce récapitulatif pour vous convaincre que
les choses vont de mal en pis et vous persuader que l'exaspération
finira bien par se trouver un exutoire. Mais quand même : un petit résumé n'est jamais inutile. Tant mettre bout à bout ces données ne laisse guère entrevoir d'autre horizon que celui de la colère et de l'émeute. Un
avenir sombre et ardent qui conduit à relativiser largement tout le
bruit soulevé - ces temps-ci - autour de la question de la violence,
celle des black blocks, des Corses ou des ouvriers licenciés. Puisque ce n'est qu'un début. Que ce sera pire, forcément. Et qu'il faut se rendre à l'évidence : jamais grand changement ne s'est opéré avec des petites fleurs et de douces paroles. Bref,
ce ne sera au fond que justice si, à la violence du gouvernement - dans
sa police ou sa politique - , répond un jour celle des opposants.
 ARTICLE 11
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Qui a déclaré : "Nous
avons toujours dit que nous n’étions pas favorables à ces journées ou à
ces déclenchements de grève. Je me déplace toutes les semaines auprès
de salariés qui me disent qu’ils savent très bien que ce n’est pas une
grève qui règlera leurs problèmes" ?
Nicolas Sarkozy, président de l’UMP et de la République ?
François Fillon, Premier ministre ?
Brice Hortefeux, ministre du Travail ?
Patrick Devedjian, ministre du Plan de relance ?
Laurence Parisot, présidente du syndicat patronal Medef ?
Raté : il s’agit de François Chérèque, qui s’emploie toujours davantage à donner à l’acronyme CFDT la signification de Confédération française démobilisatrice des traîtres aux travailleurs.
Illustration empruntée au Mammouth manchois énervé.
www.plumedepresse.com
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