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INFO EXCLUSIVE . Grand émoi à la direction de la SNCF. Selon nos informations, des enquêteurs de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ont effectué aujourd'hui une descente au siège de la SNCF et dans les locaux de la direction du Fret SNCF à Clichy (Hauts-de-Seine). Agissant dans le cadre d'une enquête ouverte par le Conseil de la concurrence, les enquêteurs ont placé sous scellés une série de documents saisis dans les bureaux de Guillaume Pepy, le président de l'entreprise publique, de Pierre Blayau, le patron de la branche Transport-Logistique et d'Olivier Marembaud, l'ancien patron du Fret.
Ils ont fait de même à la direction du Fret SNCF à Clichy dans les bureau du nouveau patron de division Fret de l'entreprise ferroviaire, Luc Nadal, et de son adjoint Alain Declercq. D'autres filiales comme France Wagon ont également reçu la visite de la DGCCRF. Motif de cette intervention, musclée selon plusieurs témoins : la SNCF est soupçonnée d'avoir usé de pratiques anticoncurrentielles dans "les conditions de commercialisation des capacités wagons et des capacités sillons». Libéralisé progressivement à partir de 2003 et totalement ouvert à la concurrence en 2006, le transport ferroviaire de marchandises a vu l'apparition de puissants opérateurs privés (Veolia cargo rail, Euro cargo rail...). Et la SNCF est aussi en butte à la concurrence des réseaux étrangers tels que la Deutsche Bahn. En deux ans, les rivaux de la SNCF lui ont déjà pris entre 8% et 10% du marché mais ils se plaignent régulièrement des pratiques anticoncurrentielles de la SNCF. Malgré l'existence de Réseau ferré de France, établissement public propriétaire des 36.000 km de voies, et la création prochain d'un régulateur du rail, la SNCF met à disposition ses compétences techniques pour l'attribution des sillons - l'équivalent des créneaux horaires dans l'aérien .De là à penser qu'elle s'attribue les meilleurs horaires...Si l'enquête de la DGCCRF aboutit, la SNCF est passible d'une lourde amende. Cette enquête intervient alors que le fret devrait une nouvelle fois subir de lourdes pertes, de l'ordre de 300 millions d'euros, en 2008. leparisien.fr
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Le dossier du jour du Parisien porte sur la « politique de volontariat » prônée par Nicolas Sarkozy
: la retraite à 70 ans, le travail le dimanche, les heures
supplémentaires, le nouveau machin pour les conducteurs de fret à la
SNCF…
Lire
ça en prenant son café le matin alors qu’une fine bruine tombe sur
Bicêtre est déprimant. Bientôt deux ans que s’accumulent ces mesures
démagogiques et j’imagine déjà les quelques libéraux qui vont venir les
défendre ici…
Moi aussi, je suis volontaire pour gagner plus d’oseille,
je suis volontaire pour ne pas être chômeur et je suis volontaire pour
toucher assez de sous pour vivre décemment après 70 ans.
Mais tout ça n’est qu’un leurre.
On ne résout pas un problème collectif majeur de perte de pouvoir
d’achat par quelques mesures individuelles. Le problème est simple : la part du travail dans le PIB a baissé de 12% en 30 ans.
C’est cette évolution de la société, liée à différents facteurs dont le
progrès technologique, qu’il faut pallier et cette spirale infernale
qu’il faut enrayer : le pognon ne va plus aux travailleurs et aux
retraités.
Les mesures sur le volontariat ne permettront pas de résoudre ce problème. Tout
au plus, les personnes concernées gagneront quelques centaines d’euros
temporairement au prix d’une destruction progressive du droit du
travail qui ne fera qu’amplifier le phénomène !
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Alors que le Grenelle de l’environnement veut
promouvoir le train à la place du camion, le transport de marchandises
à la SNCF explose ses pertes. La grève est reportée mais le fiasco
reste complet.
« De
toutes façons, à la SNCF l’activité fret est foutue. C’est un mort
vivant. Pour essayer de limiter les pertes abyssales, il faudrait déjà
commencer par augmenter la productivité des conducteurs en allongeant
leur durée de conduite. Mais il faut le faire pour tous pas pour une
poignée, sinon ça ne changera pas grand chose ». Voilà un grand connaisseur du dossier bien défaitiste. Ou tout simplement réaliste ?
A l’écouter, si elle passe, l’actuelle réforme qui
suscite la levée de bouclier de la plupart des syndicats a donc peu de
chance de changer grand chose. Il y a un an, la direction a tenté de
réformer les conditions de travail des 2000 conducteurs du fret. Refus
des syndicats, changement de directeur du fret. Cette année, elle a
revue ses ambitions à la baisse. Les modifications qui devraient entrer
en vigueur mi-décembre ne concernent donc plus que 800 à 900 cheminots
volontaires prêts à conduire plus à condition d’être mieux payer. Reste
à passer le cap de la grève, suspendue jusqu’à la parution d’un décret,
en fin de semaine.
Des pans entiers de trafic ont disparu
En tous cas pour cette année, la situation paraît
désespérée comme jamais. L’entreprise devrait battre un record de
pertes. La SNCF dont le trafic ne cesse de reculer ces dernières années
a déjà explosé ses prévisions annuelles de pertes. A la fin du premier
semestre, elles s’élevaient déjà à 300 millions d’euros alors que la
boîte prévoyait de les contenir à un peu plus de 200 millions d’euros
sur toute l’année 2008. Et depuis octobre, avec la crise économique des
pans entiers de trafic ont disparu. Pas terrible alors que « la dette de Fret SNCF s’élève à 1,5 milliard d’euros », confie un dirigeant.
Le hic c’est qu’aujourd’hui, la boîte publique ne peut
plus se tourner vers le contribuable. Bruxelles l’interdit. La dernière
fois que la Commission l’a autorisé c’était en 2004, à l’occasion du
plan Véron (du nom du directeur du fret de l’époque), un plan de
recapitalisation négocié par Louis Gallois, alors patron des cheminots,
auprès du gouvernement : 1,4 milliard d’euros a été injectés dans le
fret. Dominique Bussereau, déjà sous-ministre des transports
garantissait, avec des mouvements de menton, que l’Etat actionnaire
veillerait à ce que l’argent des contribuable soit bien utilisé pour
faire de la SNCF un champion européen. Et blablabla… Le résultat : un
vrai bide.
Autre drame pour l’entreprise. Bruxelles interdit aussi
à la SNCF de renflouer les caisses du fret avec l’argent gagné dans
l’activité TGV, ce qui fausserait la concurrence vis-à-vis des
entreprises qui circulent en France depuis quelques temps. Du coup,
c’est la débandade. Pour trouver de l’argent, la SNCF se livre à des
tours de passe passe qui en disent long. Comme le rachat à fret par une
société appartenant au groupe d’une partie du parc de locomotives
destinées à être loués aux filiales étrangers du groupe, ou plus
ironiquement à des concurrents comme Veolia.
« Le fret, c’est Dallas », confiait Guillaume Pepy
Alors que Jean-Borloo avec sa loi Grenelle veut faire
du rail le mode de transport de demain pour le transport de
marchandise, la SNCF arrive donc en phase terminale. Le brillant
résultat de la politique du tout TGV décidé par les gouvernements
successifs et appliquée avec zèle par les X Ponts et énarques de la
SNCF. Il faut dire qu’investir dans une ligne TGV est une activité bien
plus médiatique et payante électoralement que d’acheter des wagons de
marchandise. « Le fret, résumait Guillaume Pepy avec amusement lorsqu’il était numéro 2 de Louis Gallois, c’est Dallas, un petit nombre de gens qui vivent en vase clos et se détestent ».
Il faut dire aussi qu’à la tête de ses camions siglées Geodis, l’un des
premiers transporteurs routiers français, la SNCF s’est mise à gagner
facilement de l’argent en concurrençant ses trains !
Devenu PDG de l’entreprise en début d’année, Guillaume
Pepy a fait sa conversion en annonçant le mariage de ses camions et de
ses trains pour créer une offre de transport alliant tous les moyens de
transport. Durant l’été, la SNCF a lancé une OPA à environ 600 millions
d’euros pour prendre le contrôle de sa filiale Geodis. Le but, suivre
la recette mise en œuvre avec un succès éclatant par la Deutsche Bahn
qui s’est imposée en Europe comme la première compagnie.
C’est cruel mais la crise économique vient de montrer que la SNCF a sans doute plus d’un train de retard. www.bakchich.info
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| Bien malgré lui, Xavier Bertrand a épinglé les
mensonges proférés par le candidat Sarkozy lors de sa campagne
présidentielle sur une réforme plus idéologique que nécessaire.
Contre-expertise.
LA PHRASE. Propos du ministre du Travail Xavier Bertrand, tenus le 28 septembre sur Europe 1
: «J'ai entendu tellement d'âneries sur la réforme des régimes
spéciaux, qui allait nous coûter plus, que j'ai voulu remettre les
pendules à l'heure et j'ai demandé à mes services, en lien avec les
entreprises concernées, de faire un tableau précis. La réforme va
permettre de dégager pour l'Etat 500 millions d'euros d'économies [en
cumulé - ndlr] d'ici à 2012 et, ensuite, à partir de 2015, 567 millions
d'euros pas an, ce qui montre bien que les réformes servent à quelque
chose».
LE CONTEXTE. Alors que l'opposition exige depuis plusieurs mois
un bilan de la réforme des régimes spéciaux, Xavier Bertrand donne pour
la première fois une estimation des économies réalisées par l'Etat.
Excédé, affirme-t-il, par les «âneries» entendues, il livre des
chiffres. Ce faisant, il épingle aussi — bien malgré lui — les
«âneries» proférées par le candidat Sarkozy sur le sujet lors de sa
campagne présidentielle.
Les chiffres de Bertrand sont censés «remettre les pendule à l'heure».
Mais on ne résiste pas à rapporter cette première estimation
officielle… à ce qu'escomptait — ou ce que faisait mine d'escompter —
le candidat Sarkozy de la réforme des régimes spéciaux pendant la
campagne présidentielle.
LES FAITS. Il fut un temps où Sarko a laissé entendre aux
Français que la réforme rapporterait beaucoup plus. On lisait ainsi
dans son projet présidentiel : «J’augmenterai de 25% le minimum
vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de
réversion pour que ces retraités vivent mieux. Ces mesures seront
financées grâce aux économies que j’obtiendrai en réformant les régimes
spéciaux de retraite».
On sait désormais très officiellement que les «économies» obtenues par
Sarkozy ne lui permettront pas d'aller bien loin. Si l'on en croit
Bertrand, la réforme va rapporter par année quelque 100 millions à
l'Etat jusqu'à 2012, puis 567 millions à compter de 2015 (quand la
réforme jouera à plein). Une paille au regard des promesses de Sarko :
la seule revalorisation de 25% du minimum vieillesse [1] coûterait… près de 2,5 milliards, selon un rapport du Conseil d'orientation des retraites de décembre dernier.
Ce décalage colossal illustre après coup une des manipulations du
candidat sur le sujet des régimes spéciaux : l'UMP a largement
communiqué sur leur coût (le chiffre de 5 milliards d’€ a été
abondamment cité, voire 8,5 milliards), laissant entendre que
l'économie générée par une réforme serait, elle aussi, considérable.
«Il faut dégager des marges de manœuvre, et les trois millions de
retraités qui ont à peine le minimum vieillesse, on doit les
augmenter», déclarait Sarkozy sur TF1 début février 2007 dans
l'émission "J’ai une question à vous poser" pour justifier sa réforme.
C'était négliger que la plus grosse partie du coût des régimes spéciaux
est liée à la non-compensation du déficit démographique des entreprises
concernées (deux fois plus de pensionnés que de cotisants). A la SNCF,
par exemple, on compte 160.000 cotisants contre quelque 290.000
ayant-droit en 2008. A moins de décider de priver les agents de
retraite, il faut bien continuer de compenser ce déficit (dont le coût
est de quelque 3 milliards d’€ par an pour la seule SNCF). Un
«héritage» qu'un alignement sur le régime général ne saurait subitement
effacer [2]. Idem pour les agents des mines, de la RATP, ou de l'ex-Seita.
Les chiffres de Bertrand viennent rappeler cette évidence, qui avait échappé au candidat Sarkozy.
[1] La première étape de la revalorisation du minimum vieillesse
promise par Sarkozy durant la campagne a consisté, en mars dernier, en
une aide de 200 € versé à chaque personne concernée. Le Premier
ministre avait présenté ce versement exceptionnel comme un «à-valoir»
sur la revalorisation promise de 25%. Le budget de la Sécurité sociale
prévoit pour 2009 une hausse de 6,9% du minimum vieillesse en avril
prochain.
[2] J'ai modifié ma formulation, qui laissait à penser (si j'en
crois quelques commentateurs) que la réforme ne changerait rien à
l'équilibre démographique des régimes spéciaux. Evidemment qu'elle le
changera à terme, c'est même son but premier. Mais elle n'annulera pas
le déficit démographique existant d'un tournemain. D'où la limite des
«économies» réalisables.
Cédric Mathiot pour Libération
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