La visite de Nicolas Sarkozy prévue vendredi à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, dans le Val-de-Marne, donne déjà de la fièvre au personnel de l'établissement. Le syndicat Sud-santé de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) s'est élevé contre "l'état de siège" imposé à l'hôpital, où le président de la République doit se rendre pour la célébration de la 2.500e greffe de foie de l'établissement.
"L'hôpital est en état de siège", a affirmé Sud-santé : la quasi-totalité des consultations au centre de transplantation hépatique (greffe du foie) ont été annulées pour la visite. Les personnels ont été incités à prendre des congés. Et ceux qui viendront travailler "devront présenter une pièce d'identité, leur carte professionnelle, et une fiche de paie", assure Eric Edon, secrétaire général adjoint du syndicat.
Objectif de ces "mesures excessives", selon Eric Edon : éloigner un maximum d'employés pour faciliter les contrôles. Un rassemblement est en effet prévu vendredi à 11 heures à l'hôpital pour protester contre la loi HPST (Hôpital, patients, santé et territoires), le "démantèlement du régime de protection sociale" et la restriction des budgets des hôpitaux.
"On nous a prévenus que les policiers ne toléreraient ni sono, ni mégaphone", a révélé un responsable syndical qui avait vécu la venue de François Mitterrand à Paul-Brousse en 1990 pour la 500e greffe hépatique, et qui assure n'avoir "jamais vu ça".
Le coût de la visite de Nicolas Sarkozy, estimé à 200.000 euros par le syndicat, fait également grincer des dents. Cela représente "au bas mot l'équivalent de huit infirmières sur un an", fait savoir Sud-santé.
Jean-Marie Le Guen, président de l'AP-HP, a écrit aux syndicats que "l'expression légitime des revendications ne doit pas perturber la visite du président de la République". Et ce car "sa présence est une reconnaissance de l'excellence du travail quotidien" à l'hôpital. Le député (PS) de Paris dit tout de même "comprendre l'émotion du personnel qui vit avec beaucoup de difficultés la dégradation de ses conditions de travail", et être "profondément préoccupé depuis des mois" par les moyens alloués à l'AP-HP.
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