Lors
de son intervention télévisée du 23 septembre, le président de la République a
pu largement faire état de sa combativité pour, à la veille du G20, « moraliser
le capitalisme ».Manifestement, pour
lui, les mots remplacent l’action. Ainsi, on a pu entendre avec stupéfaction
affirmer : « les paradis fiscaux, c’est fini ». Il faut quand même avoir une
sacrée dose de culot pour proférer, sans même ciller, une telle allégation.
En
effet, les exigences de l’OCDE pour rayer de ses listes, noires ou grises,
certains territoires « non coopératifs » sont particulièrement faibles. Il leur
suffit de signer des
accords
bilatéraux d’échanges d’informations en matière fiscale, et sous conditions
strictes,
avec douze pays ou territoires, pour être retirés des listes. Mais pour autant,
le secret bancaire intégral demeure à l’égard de tous les autres pays avec
lesquels ils n’ont pas pris d’engagement. Et surtout, accords bilatéraux ou
pas, le dumping fiscal, qui est à l’origine de détournements de sommes
considérables ainsi ôtées aux budgets publics, est toujours à l’oeuvre.
Les
exigences de l’OCDE deviennent finalement des occasions pour ces territoires de
se blanchir vis-à-vis des opinions publiques. Ces exigences ont d’autant moins
d’effets que le manque de moyens des administrations fiscales rend peu probable
que les multinationales et les banques ayant recours à ces places financières
puissent rendre des comptes.
Pour
l’Union syndicale Solidaires, lutter réellement contre les paradis fiscaux
signifie
interdire
toute transaction financière avec eux. Contrairement à ce qu’affirme le
président de la République, la lutte contre les paradis fiscaux est toujours
d’actualité. La campagne « Stop paradis fiscaux » (www.stopparadisfiscaux.fr),
qui regroupe des forces syndicales, des associations et des ONG, y participe.